Ça fait un petit moment que je voulais vous parler de mon dernier appareil photo en date, l’Olympus PEN-F. Puis l’agenda a glissé, j’ai eu quelques projets à gérer… Et c’est comme ça qu’un article qui devait vous livrer mes premières impressions est devenu un review moyen-long terme ;).

Le PEN-F est rapidement devenu mon appareil principal, que ce soit pour le reportage ou simplement pour la photo de tous les jours. J’en suis plus que content et je pense que c’est un de mes meilleurs achats. Cela dit, au bout de 9 mois, j’ai eu le temps de lui découvrir quelques aspects qui me plaisent moins. En toute intégrité, je dois aussi vous en parler.

L’exemplaire dont je vous parle est le mien et je l’ai acheté avec mes deniers. Si vous comptez l’acheter en ligne, vous pouvez me soutenir en l’achetant via ces liens sur Amazon : boitier seulen kit avec le 17/1.8. Ça ne vous coûte rien de plus et ça m’aide à financer le blog :).

this beauty is a beast

© Olympus

Le PEN-F est en effet une bête. C’est vrai. Mais s’il supplante nettement l’EM1 et l’EM5ii au niveau des fonctionnalités, il manque clairement de robustesse à leur côté. Il faut dire qu’il n’est clairement pas développé pour le même public que les 2 tanks précités.

Commençons par l’extérieur justement.

Design et ergonomie

Le PEN-F est de toute évidence destiné à un public aimant les jolies choses. Tout a été mis en œuvre pour en faire un appareil photo de style, un objet élégant. Si ce n’est pour le nombre de contrôles présents, le comparer à un Leica n’est pas exagéré. Tant que l’on ne prend pas en compte la différence de robustesse évidemment.

Je vais commencer par les quelques points négatifs (selon moi) qui en font un bon voire très bon appareil, mais pas un excellent appareil.

Pas de tropicalisation

Premièrement, il n’est pas tropicalisé ! C’est une des premières choses à savoir selon moi. Je le savais quand je l’ai acquis, mais j’ai lu plusieurs cas de personnes qui n’y avaient pas pensé. Si vous avez besoin d’un appareil taillé pour l’aventure et les conditions extrêmes, regardez plutôt la gamme des OM-D (EM1, EM5ii, et bien sûr EM1ii mais je ne l’ai pas encore eu en main lui).

Par contre ! cela ne m’a pas empêché de le tester en conditions (très) humides, notamment au Vietnam en pleine période de pluies tropicales. Je m’attendais vraiment à être incapable d’utiliser le PEN-F avec ces 99% d’humidité. Mais finalement, je n’ai dû arrêter de photographier que 2 ou 3 fois, le temps que sèche la buée qui se formait sur l’élément arrière de l’objectif. Je l’ai aussi testé sous une légère pluie lors de mon voyage en Islande, et je n’ai eu aucun souci.

Bref, je le répète, l’appareil n’est pas tropicalisé ! Malgré cela, il m’a paru suffisamment robuste pour être mon appareil de tous les jours (et ça veut tout dire).

Une finition parfois trop légère

Après quelques mois d’utilisation quotidienne, une pièce de finition a commencé à se décoller. Il s’agit d’une pièce de simili-cuir placée sur le repose-pouce pour rendre la prise en main plus confortable (j’imagine) et parfaire le look classy de l’appareil. Après un aller-retour au SAV pour que l’on me remplace la dite-pièce, il n’aura fallu qu’un mois pour que le problème se présente à nouveau !

Si ce n’était qu’un problème cosmétique, ça irait encore. Mais là, on parle d’un problème ergonomique aussi. Sans la pièce en simili-cuir, la position du pouce est franchement inconfortable.

Mon hypothèse est que le problème se présente quand on utilise des optiques d’un certain poids. J’utilise principalement le Voigtlander Nokton 17.5/0.95, qui pèse plus lourd que le PEN-F. Le point d’équilibre s’en trouve décentré et mon pouce exerce donc une pression plus importante que si j’utilisais le 17/1.8 d’Olympus. Si mon hypothèse est la bonne, il s’agit pour moi d’un mauvais design de cette pièce.

L’EVF et le réglage de dioptrie

Il s’agit ici plus de petites gènes que de réels problèmes mais il faut que j’en parle…

Quasi TOUS les réglages de dioptrie de TOUS les boitiers que j’ai eus s’accrochent trop facilement quand on porte l’appareil en bandoulière : le PEN-F n’y fait pas exception. Ce qui résulte en un changement inopiné de réglage que l’on ne remarque qu’au mauvais moment : quand on doit viser !

Ensuite, une des fonctionnalités les plus pratiques, c’est que l’on peut alterner entre l’EVF et l’écran simplement en s’approchant ou en s’éloignant de l’œilleton. Par contre, j’ai remarqué à plusieurs reprises que si on se positionne avec le soleil à 4h (donc à 3/4 droite derrière soi), la lumière fera en sorte de tromper le capteur de proximité et la visée retournera sur l’écran. J’ai aussi remarqué (mais ça, c’est sur l’EM1 et l’EM5ii aussi), qu’une simple goutte de pluie sur le capteur de proximité « bloquera » la visée sur l’EVF tant que l’on ne l’essuiera pas.

Bref, je pense qu’il y a encore du boulot de ce côté aussi, même si ce n’est pas de l’ordre du problème bloquant !

Le retrait de la carte SD

Je comprends le choix qui a été fait pour le positionnement du port de la carte SD au niveau du gain de place. Malgré cela, retirer une carte SD est au mieux (vous avez le temps pour le faire) compliqué, et au pire (s’il fait froid ou que vous êtes pressé) une horreur sans nom.

Je conçois que, pour beaucoup d’utilisateurs, retirer la carte SD est devenu chose rare (surtout avec la présence du wifi qui permet de récupérer ses photos sur son téléphone). Mais pour mon utilisation, c’est un soucis d’ergonomie et je préfère largement le positionnement du port de la carte SD sur l’EM5ii par exemple.

Une petite frustration

J’aime bien régler et utiliser mon appareil photo pour tirer le plus loin possible la batterie. C’est donc avec joie (oui bon, je ne trouve pas de mot plus nuancé) que je découvre un filet sur le déclencheur. Je vais donc chercher un de mes vieux câbles de déclenchement et je l’y visse !

Ah ben en fait non… ce pas de vis ne sert qu’à visser un bouton. Dommage ! Moi qui espérais m’affranchir du wifi pour déclencher à distance, ben c’est raté. (non, je sais, ce n’est pas grave)

Un très bel appareil malgré tout !

Ok, j’ai énoncé des points négatifs, mais j’avoue que j’en demande beaucoup à mon matériel. Et franchement si, de tous mes appareils, le PEN-F est devenu mon boitier de tous les jours, ce n’est pas pour rien !

Le placement des réglages est bien pensé, la molette dédiée à la compensation d’exposition est un vrai plus. L’ergonomie générale est agréable. Le positionnement de l’EVF façon « range finder » est sympa aussi.

Il est très compact aussi ! Si vous l’utilisez avec le 17/1.8 d’Olympus, c’est un kit ultra léger, passe-partout, et polyvalent !

Olympus a réalisé un très bel outil, bien pensé, et esthétique. Pas parfait certes, mais même un Leica ne l’est pas ;).

Du lourd à l’intérieur

Si l’esthétique a été le premier aspect à attirer l’attention du photographe/hipster en moi (faut bien s’assumer de temps en temps), c’est bel et bien ce que le PEN-F embarque qui m’a décidé de m’en procurer un.

Ne me faites pas dire ce que je ne veux pas dire : 16MP de résolution, c’est largement suffisant pour 90% des utilisateurs (moi y compris). Mais passer des 16MP de mes OM-D aux 20MP du PEN-F a été appréciable !

L’appareil réagit aussi bien que ce que l’on peut espérer. Une fois bien réglé, c’est fluide à souhait et un vrai plaisir sur le terrain. Du peu que j’ai pu en juger, l’AF est tout à fait correct avec les optiques pro d’Olympus (7-14/2.8 et 40-150/2.8). La batterie tient suffisamment longtemps pour que ça ne soit plus obligatoire de prendre un chargeur en permanence dans le sac.

Bref, rien de neuf sous le soleil mais une chouette upgrade tout de même.

Un mode dédié au noir et blanc

Mais le gros plus pour moi, c’est le mode monochrome ! Ce n’est pas un simple profil comme sur les OM-D. C’est bel et bien un mode dédié au noir et blanc grâce auquel vous pourrez régler précisément chaque caractéristique, du contraste au grain.

Est-ce indispensable ? Non. Je continue à traiter mes RAW par après en reprenant quasi tout dès le début. Néanmoins, c’est agréable et le rendu « brut » du JPG me plait énormément. Pour quelqu’un qui ne compte pas tirer ses photos sur papier, la qualité du JPG est tout à fait suffisante pour, par exemple, en faire un produit fini publiable sur les réseaux sociaux.

Multishot à 80MP !

80,62MP pour être précis, à condition de travailler en RAW. En JPG, vous n’obtiendrez « que » 50MP de votre multishot.

Alors ok, le multishot n’est pas une nouveauté puisqu’il existait déjà sur l’EM5ii et produisait déjà un bon résultat. Mais quand même, ça mérite d’être souligné pour tous ceux qui travaillent sur scène fixe !

Des profils d’objectif, enfin !

Je ne comprends pas comment ça a pris autant de temps à Olympus d’ajouter une chose aussi simple et pourtant aussi pratique !

Quand on utilise (comme c’est mon cas) des optiques sans contact, il n’y a aucune information facilement disponible dans les données Exif d’une photo pour reconnaître l’objectif utilisé. Vous êtes alors forcés de bidouiller. Par exemple, je vous expliquais dans un précédent article qu’avec les OM-D j’utilise l’Exif de stabilisation pour retrouver la focale et déterminer l’objectif utilisé.

Eh bien, enfin, le PEN-F apporte une solution à cela sous la forme d’une liste de profils d’objectifs contenant les données suivantes : un nom, une longueur focale, et une ouverture maximum. Rien de plus, et c’est amplement suffisant !

Il suffit donc de sélectionner le profil correspondant à l’objectif que vous montez, et voilà ! La stabilisation se règle même automatiquement sur la longueur focale enregistrée. Simple et efficace.

Bien évidemment, ce n’est pas une nouvelle solution puisque Fuji a intégré ça dans son X-Pro1 en 2012. Mais ça ne m’empêche pas de pousser un cri de soulagement : ENFIN !

Tout ça pour dire

Ben oui, tout ça pour dire que si le PEN-F n’est pas encore un appareil parfait, this beauty is really a beast! À part en conditions « extrêmes », c’est devenu mon appareil principal, avec lequel je ne me sens limité à aucun moment. Retenez juste qu’il n’est pas tropicalisé et que si cela est indispensable pour vous, il vaudra mieux se rabattre sur les hauts de la gamme OM-D.

Mériterait-il des améliorations ? Évidemment ! Vaut-il son prix ? Oui, oui, et oui !

Et vous, que pensez-vous de l’Olympus PEN-F ?