Lors du salon des blogueurs de voyage de Saint-Malo, j’ai eu l’occasion de passer une journée dans la ville médiévale de Dinan. Au programme, une visite de la ville sous la forme d’un jeu de piste, une balade en bateau sur la Rance, et la rencontre avec Adrian Colin, verrier d’art et Meilleur Ouvrier de France.

Je ne vais pas vous raconter la journée en détail, d’autres l’ont déjà fait mieux que je ne pourrais le faire ! Je pense notamment à Seb des Globe Blogueurs ou Violaine de Vio’vadrouille. On va plutôt s’arrêter sur cette rencontre avec Adrian qui a suscité mon intérêt de par son talent mais aussi et surtout son ouverture.

Et parce qu’on est sur un blog photo et que la photographie c’est avant tout de la préparation et connaître son matériel, on parlera aussi de la particularité de photographier quelqu’un dans un petit atelier bondé, rempli de verre, éclairé au chalumeau et à la lumière extérieure, avec un appareil que l’on a en main depuis moins de 2 jours. What could possibly go wrong? 😀

Devenir verrier d’art au chalumeau

À 14 ans, Adrian revient d’un stage de perles de verre avec un chalumeau et quelques baguettes de verre. Ses parents, artisans céramistes, lui font un peu de place dans l’atelier « pour bidouiller ». Quand quelques années plus tard il est temps de choisir l’orientation de ses études, il annonce à sa conseillère qu’il veut devenir verrier d’art au chalumeau (genre… tiens, vas-y, démerde-toi pour lui trouver une école maintenant :D). Et le voilà parti pendant 4 ans à Paris dans la seule école de France offrant cette formation. À son retour à Dinan, il s’installe dans son atelier et peaufine sa technique pendant quelques années pour enfin décrocher le titre de Meilleur Ouvrier de France en 2011 à 27 ans.

Ça, c’est la pièce qu’Adrian Colin a présentée pour obtenir le titre de Meilleur Ouvrier de France sur le thème de l’éternel combat entre le bien et le mal. Il résume : « La pièce consiste en 2 formes d’humanoïdes ailés parce que les notions de bien et de mal relèvent de l’humanité. Chacun a une aile d’ange et une aile de démon, personne n’étant totalement bon ni totalement mauvais. Ils se font face pour renforcer la dualité. Ils ont dans leurs mains un globe terrestre, ce qui illustre que selon comment ils utilisent cette part de bien ou de mal, il y a une répercussion sur leur environnement. » … OK !

On est dans le vent du moment

Je pense que c’est important de montrer des gens comme Adrian. Ça l’a toujours été afin de susciter des vocations et ainsi amener de nouvelles générations à perpétuer des métiers traditionnels. Plus que jamais ça me semble important de porter son message et celui de tous les artisans : les métiers d’art sont encore aujourd’hui des vecteurs économiques fiables. En témoigne l’écart entre la demande toujours grandissante et le nombre de personnes maitrisant le savoir-faire.

Adrian décrit son travail comme un « art de lumière, de transparence et de mouvement figé dans la beauté de l’instant fragile et précieux ».

Actuellement en France, on compte entre une trentaine et une quarantaine d’artisans travaillant le verre de manière artistique au chalumeau. Si on parle de pièces sortant de l’ordinaire, on les compte sur les doigts de la main.

Avis aux candidats, il y a des places à prendre ;).

D’ailleurs, on a tous pu s’essayer au soufflage et réaliser une boule décorative.
Ici, c’est Seb des Globe Blogueurs qui se prête à l’exercice !

Un artisan connecté

On ne peut pas dire que « notre métier est dans le vent du moment » si on ne communique pas avec le vent du moment aussi.

Tradition rime souvent avec « rester coincé dans le passé en répétant que c’était mieux avant ». Mais comme le dit Adrian, on ne peut pas dire que « notre métier est dans le vent du moment » si on ne communique pas avec le vent du moment aussi.

C’est pourquoi si vous voulez en savoir plus sur ses créations et suivre son travail, vous pouvez dès à présent vous rendre sur son site et le suivre sur Facebook, Instagram, et Twitter.

Son atelier quant à lui se trouve dans la rue du Jerzual à Dinan, en France.

Bonus : 3 trucs de base pour sauver son reportage

On a beau croire que l’on est préparé à tout (hey, je fais pas de reportage de guerre, qu’est-ce qui peut m’arriver ?), il y a des fois où on se retrouve un peu paumé. Déjà rien que la pression de se mouvoir pour trouver son angle quand on est 8 dans une toute petite pièce remplie d’œuvres d’art en verre aussi fragiles les unes que les autres, ça peut déstabiliser. Avoir du bon matériel, c’est bien. Connaître son b.a.-ba, c’est encore mieux.

1. Connaître son matériel et/ou ses bases

C’est genre LA règle numéro 1 pour toutes les situations en reportage. Et comme j’ai reçu mon appareil seulement 2 jours avant le départ pour la Bretagne, ben c’était mal parti. Alors comment on fait quand on ne connait pas son matériel ? You gotta know your shit, bro!

Peu importe l’appareil, ce qui sauve c’est de connaître les principes de bases du fonctionnement d’un appareil photo. La sensibilité, la vitesse, et l’ouverture. Oubliez les modes biscornus dédiés à tel ou tel type de scène. Avec le feu, y en a pas de toutes façons.

2. Correction d’exposition

Dans ce genre de situation, il faut être réactif. Utilisez un mode semi-automatique et ajustez votre correction d’exposition. Vous gagnerez du temps et vous pourrez vous concentrer sur les autres aspects de votre photo. Le réglage de la correction d’exposition dépendra évidemment de si vous utilisez une mesure centrale, par zone, ou par point. Ça dépendra aussi de l’intensité de la flamme. Mais dans les grandes lignes, c’est ce que j’ai trouvé de plus pratique plutôt que de chercher à tout faire en manuel comme un vrai professionnel baroudeur de l’extrême que je ne suis de toutes façons pas :D.

Ici, j’ai utilisé une mesure centrale avec une correction d’exposition à +1 stop. Je savais que les RAW du X100F pouvait encaisser des récupérations allant jusqu’à 2 stops sans soucis donc j’ai tenté ma chance.

3. RAW, RAW, RAW !

Photographier en RAW permet une plus grande plage de récupération lors du développement que lorsque l’on travaille en JPG. Au prix des cartes SD de nos jours, et avec la gestion des RAW présente à peu près sur toutes les plateformes maintenant (iOS et Android y compris), vous n’avez plus vraiment d’excuse pour ne pas le faire ! Ok, ça rajoute une étape dans le workflow mais ça en vaut la peine, croyez-moi ! Petite parenthèse d’ailleurs, j’ai trouvé que les RAW de chez Fuji (et notamment ceux du X100F) ont une capacité de récupération de dingue.

Non, les lunettes bleues ne sont pas un accessoire fashion pour hipster. Il s’agit de lunettes au didynium, utilisées pour bloquer la lumière jaune émise par le sodium en fusion tout en gardant une bonne visibilité.

Voilà, voilà

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