Dans moins de 2 semaines, je pars pour un trek au Maroc, dans l’Atlas. Il va faire chaud, ça va grimper, et je suis donc en train de préparer une version ultra light (ou presque) de mon kit photo. On en parle ?

L’année passée, j’ai entamé une remise en question de ma façon de travailler pour en revenir à l’essentiel et pouvoir me libérer de cette masse de matériel qui, plus que m’aider, me fatiguait tous les jours un peu plus.

Après de longues tergiversations, j’avais réussi à me limiter à un boîtier et une optique. En plus d’alléger mon sac, cette introspection m’a renforcé dans la conviction que c’est la personne qui crée l’image et non le matériel. Ça paraît peut-être évident dit comme ça, mais il est si facile de penser que l’on a toujours besoin d’un accessoire de plus pour faire un meilleur travail.

Tout ça pour dire que j’ai continué cette réflexion et j’ai poussé l’optimisation de mon kit un pas plus loin, et je vais le tester lors de ce voyage au Maroc.

Edit — 13 octobre 2017

Oulala ! Déjà presque 2 mois sont passés, il est grand temps que je vous livre mon feedback sur le matériel que j’ai emmené dans ce voyage :). Je ne vais pas réécrire l’article, mais quand j’ai quelque chose de nouveau à vous dire vous le reconnaitrez à la mention « edit » qui précède les ajouts ;).

Définir le but de son voyage…

La première chose à faire quand on veut optimiser le matériel que l’on emporte avec soi, c’est de définir ses objectifs.

Pour ce voyage, je pars pour un trek de 6 jours dans l’Atlas et je veux revenir avec une série de photos allant du paysage au portrait large, et si les conditions le permettent, quelques paysages de nuit avec un beau ciel étoilé. Je n’ai pas besoin de longue focale, d’ultra grand angle, ou d’objectif macro. Même si ça pourrait être intéressant à bien des égards, ce n’est pas pour ce genre de shots que je pars.

Il ne faut pas non plus perdre de vue les conditions dans lesquelles on va voyager. Dans ce cas-ci, je pars au Maroc en août. Il va faire chaud, au moins au début et à la fin du trek. Au milieu, on sera en altitude donc il fera plus frais mais ça va grimper quand même pas mal, et je ne suis pas ce qu’on peut appeler un grand sportif :D. Autre détail important, je n’aurai pas accès à de l’électricité pendant le trek.

Je dois privilégier du matériel léger mais sans négliger l’aspect pratique. Parce qu’optimiser son matériel sans penser au confort d’utilisation, c’est le meilleur moyen d’aller au devant des problèmes.

Une partie du matériel dont je vais vous parler m’a été offert en échange d’un test honnête. C’est à dire que je vous donne mon avis réel et que je reste libre dans la manière dont j’aborde ce matériel. Je précise à chaque fois les objets que je n’ai pas moi-même acheté, comme ça tout est transparent. Le reste du matériel a été acheté personnellement.

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Matériel photo

Fuji X100F

  • Poids : 527 g (487 g pour le X100F avec 1 batterie et 1 carte SD + 40 g pour le grip Metrocase)


Après près d’un an à utiliser quasi exclusivement une focale de 35mm, je suis confiant que c’est la focale qui me convient le mieux pour 80% des photos que je crée. Si j’ai besoin de plus large, je peux contourner la limitation en prenant plusieurs images et en les fusionnant plus tard dans Lightroom. Lors de mon voyage au Népal l’année passée, j’avais compté sur un Voigtländer 17.5/0.95 monté sur un PEN-F. C’est un couple très polyvalent mais moyennement compact et plutôt lourd.

L’objectif du Fuji X100F n’ouvre pas autant que le Voigtländer mais son capteur permet une meilleure montée en ISO que celui du PEN-F. Les 4 Megapixels de plus du X100F me permettront aussi de recadrer un peu les images pour lesquelles j’aurais préféré utiliser un 50 mm. Le seul vrai désavantage du X100F par rapport au PEN-F, c’est son manque de stabilisation. J’avoue que ça me manque parfois en condition de basse lumière.

Mais là où le X100F gagne son ticket pour l’Atlas, c’est au niveau du poids. Le X100F avec un grip Metrocase ne fait que 527 g contre les 1061 g du PEN-F avec un Voigtländer 17.5/0.95 et un plateau en L de Really Right Stuff. C’est du simple au double. Alors non, je n’aurai pas l’ouverture monstrueuse à 0.95, ni la stabilisation à 5 axes, mais à la fin de la journée, je n’aurai pas non plus l’épaule en vrac à cause du poids sur la sangle ;).

Edit — Je suis vraiment content d’avoir emmené le X100F. C’est certain que j’ai dû me faire une raison sur l’aisance que j’ai acquise avec le kit PEN-F/Voigtlander au fil du temps. Mais je confirme que dans le cadre d’un trek, c’était le bon choix de privilégier le poids. Et je n’y ai rien perdu au niveau qualité. Couleurs, contraste, résolution, netteté, le X100F est une machine de guerre en termes de qualité d’image ! Et comme une image vaut 1000 mots, voici mon compte rendu du trek avec une cinquantaine de photos :D.

Batteries Fuji NP-W126S et compatibles


En ce qui concerne les batteries, j’en emporte 3 en plus de celle qui sera dans l’appareil. Faute de batteries officielles lors de mon passage en magasin, j’ai dû acheter des batteries compatibles de la marque Jupio. Généralement, je n’achète que les batteries de la marque constructeur mais après plusieurs mois d’utilisation intensive, je n’ai pas grand chose à en redire. Je n’ai pas pris la peine de comparer précisément, mais il semble qu’elles tiennent la charge aussi bien l’une que l’autre.

Chargeur USB de voyage compatible Fuji NP-W126S


J’en avais parlé lors de mon premier article sur le Fuji X100F, Fujifilm n’a toujours pas intégré un port de charge USB sur ses chargeurs de batterie. Ils ne sont pas les seuls en fait, j’ai l’impression qu’aucun constructeur majeur ne le fait. Ma seule source d’électricité pendant 6 jours sera une batterie externe donc je n’ai pas vraiment d’autre choix que de me tourner vers un chargeur compatible. Je teste depuis quelques semaines un chargeur USB pour les batteries NP-W126s de la marque VHBW et j’en suis assez content. Non seulement, je peux l’utiliser sur USB mais en plus, il fait la moitié de la taille et du poids du chargeur officiel de chez Fuji.

Peak Design Slide


On sous-estime souvent l’importance d’une bonne sangle. Généralement, je porte mon X100F avec une sangle custom de Dora Goodman. Mais pour un trek, je préfère utiliser une sangle que je peux régler si je porte une veste ou si j’ai envie de réduire le balancement de l’appareil. Cela fait plusieurs années maintenant que j’utilise des Slide avec différents types d’appareils allant du compact ultra léger au moyen format lourd et encombrant. Je n’ai encore jamais été déçu.

Edit — Là par contre, j’ai complètement changé mon choix la veille du départ. J’ai testé la sangle en rando avec le sac à dos que j’allais utilisé et ça n’allait pas du tout. La sangle étant large, et le sac remontant assez haut sur l’épaule, je me retrouvais avec une partie de la sangle sur la nuque. Et quand il fait chaud, ça m’énerve vite. Donc j’ai laissé la Slide à la maison, et j’ai gardé la sangle de Dora Goodman. Avec un matériel aussi léger que le X100F, ça ne posait vraiment pas de soucis que la sangle soit étroite.

GorillaPod Focus + 3LT AH0


Si je n’avais pas l’occasion de faire des photos de nuit, je ne prendrais probablement même pas de trépied. J’en ai de moins en moins souvent l’utilité, c’est juste devenu inutile dans le type de photo que je fais. Cette fois, j’ai l’occasion de faire du paysage et en basse lumière en plus, alors hors de question de partir sans ! Mais comme je ne veux pas m’encombrer de trop, je vais laisser mes 3LT à la maison et emporter mon GorillaPod Focus. Tout aussi robuste et stable, mais il ne pèse même pas 500 g ! Normalement je l’utilise avec la Ballhead X livrée avec, mais comme je l’ai prêtée je vais devoir partir avec une rotule un peu plus lourde. Life is life.

Edit — Je l’ai utilisé moins que je pensais mais ça valait vraiment la peine de l’avoir avec moi, surtout pour les quelques poses de nuit. De jour, j’étais clairement trop occupé par la marche et la récupération, et je n’ai donc pas pris la peine de poser le pied et sortir les filtres comme je pensais faire. Donc je suis content de ne pas avoir pris le 3LT à la place.

Filtres


Quand on parle de gagner du poids dans un kit, les filtres sont souvent ce qui passe à la trappe en premier. Maintenant, on peut faire quasi tout ce que les filtres font dans Lightroom, surtout avec la dynamique de données que les RAW actuels contiennent.

Le X100F embarque un ND8 intégré mais c’est parfois un peu léger quand on veut faire des poses longues à pleine ouverture. Surtout au Maroc. Et comme j’aime bien les poses longues de jour, je vais embarquer un ND1000. J’en utilise un de la marque NiSi depuis presque 2 ans maintenant. NiSi est une marque chinoise qui fabrique des filtres d’une très bonne qualité optique pour un prix raisonnable. Pour ne pas racheter un filtre au diamètre du X100F, j’utilise une bague step up 49-58 mm.

Edit — Honnêtement, j’aurais pu m’en passer. Je ne les ai tout simplement pas utilisés. Je pensais que j’allais faire des poses longues, et j’étais tellement fatigué avec le trek que je faisais plutôt de longues pauses :D. Bref, les filtres sont restés dans le sac.

Des cartes SD, plein de cartes SD !


J’aurai un disque dur pour copier le contenu de mes cartes SD, mais il s’agira uniquement de backups ! Je ne compte pas vider une carte et la réutiliser ensuite. Je préfère toujours avoir au minimum 2 copies. Il me faut donc un bon nombre de cartes SD. Je n’ai qu’un conseil à vous donner : privilégiez des marques reconnues et achetez-les dans des endroits sûrs !

C’est trop facile de tomber sur des cartes instables qui vous feront perdre votre travail. J’ai eu le cas pendant un reportage l’année passée avec des cartes de marque mais achetées sur un site finalement douteux. Après prise de contact avec le fabricant, il s’est avéré qu’il s’agissait de copies. Ça m’apprendra à vouloir faire des économies de bout de chandelle. S’il y a une chose que vous ne devez pas acheter « bon marché », ce sont vos supports de données, et a fortiori vos cartes SD.

J’utilise le plus souvent des cartes SanDisk Extreme PRO en 16GB et 32GB. J’utilise aussi une PNY Elite Performance 64GB depuis 2 mois, que j’ai reçue de PNY pour test, avec laquelle je n’ai encore jamais eu de problème.

Workflow

Pour ce voyage, je ne vais pas prendre d’ordinateur (pour une fois !). J’ai hésité à prendre l’iPad pour avoir un plus grand écran pour éventuellement retravailler une photo ou l’autre et la poster. Mais franchement, l’iPhone sera bien suffisant pour ça. Autant ne pas s’encombrer (en plus ça ferait une batterie à charger en plus). Donc tout va se passer sur l’iPhone. Ça tombe bien, j’ai plein d’applications à tester !

Western Digital My Passport Wireless

  • Poids : 277 g
  • Capacité : 1 TB


Une des choses les plus importantes dans un workflow selon moi, ce sont les backups ! Je n’ai pas l’esprit tranquille tant que je n’ai pas une copie de mes cartes quelque part.

Ce qui est pratique, c’est qu’en plus d’être un disque wireless, il est doté d’un port SD pour copier le contenu de ses cartes et en faire une sauvegarde. Ok, parfois il a quelques petits ratés, il est aussi parfois un peu lent à prendre la carte SD en compte, mais au final il fonctionne super bien pour ce qu’on attend de lui : faire des backups en déplacement, sans ordinateur, et accéder aux fichiers directement depuis un téléphone ou une tablette.

PNY DuoLink 32GB


J’utilise un iPhone SE et, comme tout le monde le sait, les iPhone ont un désavantage face à leurs alternatives Android ou Windows : pas de carte SD. Du coup, avec le support du RAW, des apps comme Hydra, ou la vidéo 4K à 350MB la minute, on se retrouve souvent avec un iPhone saturé.

J’ai reçu un exemplaire de test de la part de PNY. Après 10 minutes, j’étais convaincu de l’utilité de cet accessoire pour les possesseurs d’iPhone constamment plein (comme le mien). Je ne sais pas si je vais vraiment en avoir besoin sur ce voyage mais vu les 11 petits grammes que pèse le DuoLink, je ne vais pas me poser de question.

Une autre utilité : transférer des gros fichiers quand AirDrop ne fonctionne pas (et c’est beaucoup plus souvent qu’on ne veut bien l’admettre).

Edit — Top ! J’ai vraiment été satisfait des quelques fois où j’en ai eu besoin. Notamment pour récupérer de l’espace sur l’iPhone (parce que tout filmer en 4K, ça remplit vite). Je recommande !

Énergie

À gauche, The Outdoor Charger de PNY. À droite, SOS 20K de Roamproof.

Comme je l’ai dit plus haut, ma seule source d’électricité pendant 6 jours viendra de batteries externes. Je vais devoir charger les batteries du X100F, l’iPhone, et le disque dur pour les backups, entre autres. Je compte prendre 2 batteries.

PNY The Outdoor Charger

J’ai reçu un exemplaire de test de cette batterie orientée outdoor de la marque PNY et je l’utilise depuis maintenant 2 mois. Elle est petite, légère, antichoc et IP65. Elle comporte aussi une lampe de secours. Je n’ai rencontré aucun soucis jusqu’à maintenant avec cette batterie. Elle tient bien la charge et se coupe automatiquement quand l’appareil est chargé à 100%. Son seul défaut, si c’en est un, c’est qu’elle n’a qu’un port USB et on ne peut donc charger qu’une seule chose à la fois.

Cette batterie de PNY est parfaite pour des randonnées d’1 ou 2 jour(s). Même pour 3 jours, je pense que ça peut convenir. Mais 6 jours, ça risque d’être un peu limite pour tout ce que j’ai à charger.

Edit — Comme je disais, elle est parfaite pour 1 ou 2 jours. Dans ce trek, elle a tenu 3 jours parce que j’ai moins photographié que je m’attendais. Mais elle est stable, elle tient la charge, bref elle fonctionne bien.

Roamproof SOS 20K

  • Poids : 487 g
  • Capacité : 20000 mAh

J’ai acheté la batterie SOS 20K de Roamproof lors de sa campagne de crowdfunding. 20000 mAh, IP67, antichoc, et munie d’un panneau solaire… Après plusieurs utilisations, j’étais conquis. Elle tient la charge, dispose de 4 ports de charge dont 2 en charge rapide. Son seul inconvénient est l’encombrement et le poids. Je l’ai vite remplacée par de plus petites batteries, plus adaptées à une utilisation quotidienne ou lorsque l’on a accès suffisamment souvent à une prise murale. Maintenant que je vais avoir besoin d’une grande capacité d’énergie, elle va reprendre du service aux côtés de la PNY.

Edit — Ici, c’est un peu la déception. La charge solaire n’est absolument pas utilisable. Le rendement n’est pas assez élevé pour récupérer assez d’énergie pour charger 1 batterie du Fuji quoi… Et la batterie supporte très mal les nuits froides.

Rangement et organisation

Maintenant qu’on a choisi le matériel, il faut le ranger. Je vais utiliser 2 sacs : 1 petit sac à dos « de jour » pour le nécessaire pendant que l’on marche et quelques accessoires dont je risque d’avoir besoin (eau, nourriture, batteries, cartes, …), et 1 sac de transport adapté aux mules pour les vêtements et autres choses dont je n’ai pas besoin en dehors des pauses. Mais on parle du matériel photo donc parlons de mon sac de rando.

Quechua Forclaz 30L Air+

  • Poids : 1250 g
  • Capacité : 30 l

J’avais pas d’autre photo du sac, j’en ferai une mieux pendant le trek xD.

J’ai reçu ce sac de la part de Quechua pour le tester au Maroc. Je n’ai pas attendu aussi longtemps pour le mettre à l’épreuve, et ça fait un peu plus d’1 mois et demi que je l’utilise.

J’avais choisi le Forclaz Air+ pour son filet anti transpiration. J’ai eu beaucoup de sacs à dos, aussi bien des sacs photo que des sacs de randonnées. Ils promettaient tous une circulation de l’air idéale, pas de transpiration, tout ça. Autant dire que j’ai chaque fois été déçu. J’ai été agréablement surpris par le Forclaz Air+ lorsque je l’ai testé au Portugal par plus de 40° et sous un soleil de plomb : il tient ses promesses !

Mais ce genre de structure (filet rigide à l’arrière du sac) a aussi certains inconvénients. La courbure infligée à l’arrière du sac rend difficile le transport d’un ordinateur portable (un MacBook Air 13″ par exemple) avec d’autres objets. Mais comme je ne prévois pas de prendre mon ordinateur cette fois, ce n’est pas un problème ;). Bref, j’en dirai plus quand j’aurai approfondi mon expérience avec ce sac pendant le trek !

Peak Design Field Pouch

  • Poids : 300 g (150 g par Field Pouch, x2)
  • Pochette Peak Design Field Pouch sur le site officiel ou sur Amazon


S’il y a un accessoire de rangement qui m’accompagne dans tous mes voyages, c’est la Field Pouch ! Non seulement, on peut y organiser tous les petits éléments qui foutent le bordel dans un sac (les câbles, les petits documents, l’un ou l’autre outil, le nécessaire d’entretien de son appareil, …), mais en plus on peut la convertir en sacoche en lui attachant une Slide (la sangle dont je parle plus haut). J’en emporte généralement une 2e pour les médicaments et le nécessaire de toilette. C’est un de mes meilleurs achats dans ce genre de matériel.

Au final

Ben au final, ça donne un sac de 4,5 kg avec tout mon matériel, photo et workflow de base ! Je m’améliore sur le côté light même si j’ai encore du chemin ;).

Évidemment, le poids ici n’inclut pas l’eau et la nourriture de jour, ni les bâtons de marche qui seront accrochés au sac (quand ils ne seront pas dans mes mains). Pour le tout, on peut compter 3 kg supplémentaires. Ça reste raisonnable !

Alors… qu’est-ce que j’ai oublié ? Qu’auriez-vous pris à la place, en plus, ou en moins ?