Chaque année, je pars avec 2 amis, Greg et Michel, quelque part au hasard pour un petit trip photo sans prise de tête. Cette fois, c’était à Marrakech.

On y allait principalement pour la photo et pour « chill ». Du coup, niveau programme, j’avoue que c’était un peu light. À vrai dire, on ne s’est demandé ce qu’on allait y faire qu’une fois dans l’avion. Je vous ai déjà dit que l’organisation en voyage et moi, ça fait 2 ?

L’arrivée à l’aéroport de Marrakech donne une assez bonne première impression ;). E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Bah, les plans c’est bien beau mais ça n’a jamais été pour moi de toutes façons. Je préfère de loin m’assoir à une terrasse et observer les gens ou me promener dans les rues et me joindre à eux. À condition de vaincre ma propre tendance à me laisser guider par l’inertie, le hasard et l’absence de plan m’ouvrent un tas d’opportunités. Pour beaucoup, ça revient à perdre son temps. Pourquoi parcourir le monde si ce n’est pour courir à gauche et à droite afin de cocher une liste d’incontournables ? Gilbert K. Chesterton disait « le voyageur voit ce qu’il voit, le touriste voit ce qu’il est venu voir ». À m’imaginer en « voyageur », je me demande… le « voyageur » ne serait-il donc qu’un touriste mal organisé en proie à sa propre flemme ? 😉

Et puis après coup, fuir l’hiver belge le temps d’une petite semaine sous le soleil de Marrakech, siroter thés à la menthe et cafés à la cardamome, en contemplant le temps qui passe et en en capturant quelques fractions au travers de mon objectif ; ça reste une de mes meilleures idées à ce jour !

Niveau matériel, vous n’imaginez pas la détermination qu’il m’a fallu pour suivre le défi de Greg : « voyager léger » et ne prendre qu’un boitier et une optique. Moi qui à ce moment-là n’avait jamais emporté un sac photo de moins de 7kg, je me déchirais à n’emporter qu’un E-M5 Mark II et un 17.5mm/0.95. Honneur sauf jusqu’au moment où j’ai finalement ajouté mon Leica M4-P et le 35mm Summicron qui rentrait justement de réparation. Tant pis… mais c’était quand même bien plus léger que le sac de Michel !

Admettez que quand on a un Leica, ce n’est pas pour le laisser à la maison !

Si je me rappelle bien, j’avais aussi pris un trépied et quelques filtres dont un ND. Mais franchement, je ne les ai quasi pas utilisés. Au temps pour moi, je ne suis pas un photographe sérieux ;(.

Allez, assez de blabla, voici un résumé de ces 5 jours de déambulation. Michel et Greg préfèreront que je ne partage pas quelques gros dossiers que je considère pourtant comme des temps forts de ce voyage, il faudra vous contenter de ça :D.

Marrakech en 35mm

Une des rues principales de la Medina. Leica M4-P et Summicron 35mm / Kodak Ektar 100 passé en noir et blanc

Il m’a fallu un certain temps pour trouver ma place en tant que photographe dans Marrakech. Si je n’ai eu aucune remarque de la part des gens, j’ai bien compris que l’appareil photo n’était pas toujours le bienvenu. J’ai dû donc redoubler d’effort pour être aussi discret que possible quand je voulais absolument prendre une photo sans « casser » le moment en demandant le consentement au préalable.

Les rues de la Medina

Boire le thé dans la Médina. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

C’est principalement ce que j’étais venu faire, déambuler dans les rues de la Medina pour faire de la street photo. Il y a tellement d’animation que je ne savais plus trop où donner de la tête. Échoppes, artisans, marchands de rue, textures… ceux qui qualifieraient les rues de la Medina de belles ne font probablement pas légion, et pourtant je les trouve d’un grand intérêt esthétique.

On trouve toujours à manger dans la Médina. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Vendeur dans les rues de la Médina. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Rue de la Medina. Leica M4-P et Summicron 35mm / Kodak Ektar 100 passé en noir et blanc

La place Jamma El Fna

Marché de Jamma El Fna. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Cœur touristique de Marrakech, Jamma El Fna mérite sa place au panthéon des clichés. Tout est faux, à part les jus de fruits et la nourriture évidemment. Faux souvenirs, faux produits locaux, il y a même des faux berbères ! 😀 Cela dit, il y a des scènes très intéressantes à photographier, surtout en soirée quand les locaux se rassemblent autour des musiciens de rue.

Après 3 jours, Michel devenait fou et ne supportait plus qu’on l’aborde pour lui raconter qu’il faut absolument aller voir le marché berbère. Vous voyez ? ce marché qui a lieu UNE FOIS par mois quand les berbères descendent de la montagne, et VOUS AVEZ TROP DE LA CHANCE, c’est AUJOURD’HUI ! Sauf qu’on vous le racontera tous les jours :D. Ou alors, on avait vraiment trop de la chance ? 😉

Le marché de Jamma El Fna à l’aube, avant que tout le monde n’arrive. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Jamma El Fna au crépuscul. Leica M4-P et Summicron 35mm / Ilford Delta 3200

D’ailleurs, gros coup de gueule !

J’ai été écœuré par la maltraitance animale qui règne sur cette place et notamment par les « dompteurs de serpents ». Et qu’on ne me dise pas qu’ils s’occupent de leurs serpents, ils les maintiennent juste en vie. Mais ce qui me met encore plus en colère, c’est qu’il y a une audience pour cette maltraitance ! Ils pullulent parce qu’il y a une demande. Des touristes venant s’émerveiller devant des hypocrites qui leur en mettent plein la vue avec des serpents mutilés auxquels on a été jusqu’à retirer les crocs ! Tant qu’il y aura des cons qui payeront pour faire un selfie avec un animal sauvage, il y aura des gens pour répondre à la demande et maltraiter des animaux.

La maison de la photographie

Une partie de la collection de la maison de la photographie. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Ben oui, 3 photographes en trip photo… fallait bien qu’on passe par la Maison de la photographie ;). Non seulement la collection est superbe et contient une foule de clichés du début du 20e siècle (et déjà rien que ça, ça vaut la peine d’y aller) mais en plus, on y mange super bien !

La maison de la photographie a aussi un restaurant sur son toit. On y mange super bien ! Leica M4-P et Summicron 35mm / Kodak Ektar 100 passé en noir et blanc

Le cimetière juif

Tombes du cimetière juif. Leica M4-P et Summicron 35mm / Kodak Ektar 100 passé en noir et blanc

Un endroit agréable qui vaut le coup d’œil si vous aimez les cimetières. L’entrée est gratuite mais vous serez vivement encouragé à laisser une pièce dans l’urne par le gardien. Pas grand chose d’autre à en dire honnêtement.

Tombe du cimetière juif. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Les tombeaux Saadiens

Les tombeaux Saadiens. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Le site archéologique des tombeaux Saadiens a été découvert au début du 20e siècle et est toujours en cours de restauration. On y a d’ailleurs rencontré Azzedine qui restaurait une mosaïque et qui a sauté sur l’occasion de nous montrer des photos de ses précédents travaux sur son compte Instagram ;). Le site est assez petit mais vaut le coup d’œil !

Azzedine en train de poster une photo sur son compte Instagram de la mosaïque qu’il est en train de restaurer. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

La porte des Saadiens. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Le jardin Majorelle

Un des détails du jardin les plus reproduits sur le net. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Lieu touristique par excellence, le jardin Majorelle est sans hésitation l’endroit de Marrakech où j’ai vu le plus de selfie sticks au mètre carré. À part peut-être dans les échoppes du souk de Jamma El Fna… La visite vous emmènent au milieu d’arbres et de plantes exotiques jusqu’à la tombe d’Yves Saint-Laurent. C’est peut-être important pour vous, mais après 20 secondes de contemplation, j’ai passé mon chemin. Le jardin en lui-même est très agréable par endroits. Il y a aussi un musée de la vie berbère, mais il y avait tellement de monde que l’on a préféré faire l’impasse dessus. Une prochaine fois peut-être.

La disposition du jardin et la sélection des plantes méritent tout de même le déplacement. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Faudra qu’on m’explique un jour l’intérêt d’écrire son nom partout, quitte à mutiler une plante… E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Mais ce n’est pas tout !

À la base, on partait pour passer 5 jours à Marrakech. C’était sans compter sur une grève des contrôleurs aériens en France et l’annulation de notre vol retour sans remplacement avant une semaine. Dans l’absolu, rester une semaine de plus à Marrakech plutôt que de rentrer dans le froid et la pluie ne nous aurait pas dérangé tant que ça, mais on avait un peu tous des trucs prévus donc il a fallu chercher une alternative.

L’alternative prend la forme d’un vol Agadir – Dusseldorf 2 jours plus tard. On réserve et on verra bien comment aller à Agadir.

Quitte à voyager dans l’improvisation, autant aller jusqu’au bout !

De Marrakech à Agadir

Quelque part entre Marrakech et Agadir. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Pour ceux qui se retrouveraient dans la même situation que nous, sachez qu’il n’y a rien de plus simple. Rendez-vous à la gare et cherchez le guichet de la compagnie SupraTours. Pour environ 7€, vous aurez une place dans un de leurs bus. Bien moins cher que l’avion et relativement confortable.

J’ai même pu débugger l’application d’un client en 3G sur mon iPad ; ne vit-on pas une époque formidable ? xD

Agadir en 35mm

Plage d’Agadir. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Je cherche toujours les mots à mettre sur mon ressenti de cet endroit. WikiTravel décrit Agadir comme « une ville accueillante et propre. Ses hôtels permettent un agréable séjour avec piscines, dancings, discothèques, massages, et tous les courts de tennis et terrains de football et les salles de bowling . Ses nombreux restaurants proposent une cuisine variée : marocaine, européenne, africaine, chinoise… ».

Cette photo a justement été prise à l’aube, pas loin d’un casino. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Ce que je trouve triste, c’est que c’est tout ce qu’il y a à en dire. Agadir est une cité balnéaire où les touristes viennent s’allonger sur des transats le long des piscines ou dans des petites plages privées à 50m de la mer.

Comme on était là de toutes façons, on est descendu sur la plage pour le lever du soleil.

Footing au lever du soleil sur la plage d’Agadir. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Plage d’Agadir. Leica M4-P et Summicron 35mm / Adox SILVERMAX 100

Lever de soleil sur la plage d’Agadir. Leica M4-P et Summicron 35mm / Adox SILVERMAX 100

À part ça et boire du thé à la menthe (et notamment se prendre une honte monumentale à ce sujet), on n’a vraiment rien trouvé de notable. On a bien visité le souk, mais franchement, n’y perdez pas votre temps.

Si je suis passé à côté de quelque chose, surtout dites-le moi ! Je préfèrerais vraiment m’être trompé.

Annexes

Marrakech, c’est aussi 10 saveurs inoubliables dont je vous parle sur Yummy Planet !

Puis comme je vous parle d’eux, vous pouvez aller voir ce que font Gregory Schoonjans et Michel Thielen. Allez-y, ils sont pas méchants… 😀

Bonus

Y en a un peu plus, j’vous l’mets quand même ?

Si vous êtes fan de textures et de couleurs comme moi… E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

J’aurais pu passer la semaine rien que sur les textures, mais Greg et Michel en ont vite eu marre de m’attendre :D. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Je vous ai dit que j’aimais les textures ? E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

J’ai dû refaire 5 fois cette photo parce que Greg foutait tout le temps son p* d’iPhone dans le champ ! 😀 E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Pendant que les autres se faisaient dorloter chez le barbier, fallait bien que je m’occupe. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Vue du toit d’un petit restaurant. Un serveur prend sa pause. E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

La mort du respect x). Le monument, lui, s’appelle « les 7 saints de Marrakech ».

Les piscines vides de Lalla Hasna. Bah oui, on était toujours en « hiver ». E-M5ii et Voigtlander 0.95/17.5mm

Jamma El Fna. Leica M4-P et Summicron 35mm / Kodak Ektar 100 passé en noir et blanc

Sur les toits de Marrakech. Leica M4-P et Summicron 35mm / Kodak Ektar 100 passé en noir et blanc

Un âne se repose. Leica M4-P et Summicron 35mm / Kodak Ektar 100 passé en noir et blanc

Le petit oiseau du Maroc (dédicace à Fred xD). Leica M4-P et Summicron 35mm / Kodak Ektar 100 passé en noir et blanc

Dans les rues de la Medina. Leica M4-P et Summicron 35mm / Kodak Ektar 100 passé en noir et blanc

Quand ton light meter est en rade, vive Sunny16 ;). Leica M4-P et Summicron 35mm / Kodak Ektar 100 passé en noir et blanc

Le dentiste de la Medina. Leica M4-P et Summicron 35mm / Kodak Ektar 100 passé en noir et blanc

Une idée de titre ? Leica M4-P et Summicron 35mm / Ilford Delta 3200

Fontaine au Jardin Majorelle. Leica M4-P et Summicron 35mm / Adox SILVERMAX 100

Une des entrées de la Medina. Leica M4-P et Summicron 35mm / Adox SILVERMAX 100

00. Leica M4-P et Summicron 35mm / Adox SILVERMAX 100

Matériel utilisé

2 appareils ont été utilisés lors de ce voyage : un Olympus OM-D E-M5 Mark II sur lequel était monté un Voigtlander MFT 0.95/17.5mm Nokton, et un Leica M4-P sur lequel était monté un Summicron 2/35mm (qui, pour l’histoire, était complètement déréglé et m’a sorti des résultats hors focus dès que j’ouvrais le diaphragme en dessous de f/8… ça va mieux maintenant xD).

J’ai utilisé aussi 1 trépied : le 3 Legged Thing Keith ; ainsi qu’une série de filtres (Nisi et Haida).