Malgré une pléthore d’articles et de discussions sur le sujet, mon hésitation reste entière : le DNG est-il le format qu’il me faut ? Comme je ne suis probablement pas le seul à me poser cette question, voici ma réflexion « à voix haute ».

Avant toute chose, je précise qu’en aucun cas je ne prétends avoir plus raison qu’un autre. Si vous n’êtes pas d’accord avec ce que vous lisez, n’hésitez surtout pas à donner votre avis dans les commentaires. Au pire, ça fera avancer la discussion autour de ce format ;).

Le DNG en quelques mots

Face à la multitude de formats RAW propriétaires, Adobe a signé une spécification pour un format RAW ouvert permettant d’unifier et de standardiser les archives photographes et ainsi en pérenniser l’accès. Une explication plus longue de ce qu’est le DNG est disponible sur Wikipédia. Mais s’il faut résumer l’idée, il s’agit d’un format unique et évolutif et ouvert. Et ça, j’aime bien.

Les avantages du DNG

1. Le DNG est un format ouvert

Par opposition aux fichiers dits « propriétaires », un format ouvert est accompagné au minimum d’une spécification. Utiliser quelque chose d’ouvert, c’est se prémunir d’un abandon soudain, en cas de faillite par exemple (oui bon, pas du jour au lendemain non plus).

Sans prendre mes rêves pour une réalité, je trouve cela rassurant. Non pas que Canon ou Nikon soient près de la banqueroute, mais on ne peut pas non plus jurer que la probabilité d’un abandon de format ou de rétro-compatibilité soit nulle.

La spécification du DNG est publiée et à disposition pour tous. Imaginons que le format soit abandonné un jour (c’est vraiment improbable, mais admettons), il sera tout à fait possible de repartir de cette spécification pour redévelopper les outils nécessaires au traitement du format.

2. Un format pour les gouverner tous

Il existe des dizaines, voire des centaines, de formats RAW propriétaires vu qu’un même constructeur embarque parfois plusieurs formats : CRW et CR2 chez Canon, NEF et NRW chez Nikon, PTF et PEF chez Pentax, 3FR, X3F, ARW, KDC, MRW, RW2, et encore bien d’autres. Chaque format requiert son propre pilote et son logiciel propriétaire.

C’est comme si un Olympus OM10 n’acceptait que des films 135 faits par Olympus, et qu’au moment de faire développer un film, on devrait trouver un labo spécialisé Olympus.

Eh bien, le DNG répond à cette absurdité par une standardisation du format RAW. Et s’il fallait vraiment ajouter des informations spécifiques à tel ou tel boitier, le spécification du format prévoit l’extensibilité des métadonnées. Il n’y a donc plus de raison de préférer un format propriétaire fermé à un format ouvert.

Notons aussi que le temps qu’ils passent à développer leur propre format, ils ne le passent pas à améliorer leurs produits (boitiers, objectifs, …).

3. Photoshop CS5 (et antérieur) le supporte

Voilà le raison qui m’a lancé sur la question du DNG. J’utilise Photoshop CS5 et Camera Raw est bloqué à sa version 6.7 qui n’accepte pas les fichiers CR2 produits par le 6D. En d’autres termes : mon labo ne prend pas en charge mes négatifs.

Donc chaque fois que je veux travailler sur une de mes photos dans Photoshop, je dois la convertir en DNG. Ça crée une étape supplémentaire dans mon workflow et duplique mon fichier dans un format supplémentaire. J’aime garder les choses simples et minimalistes, surtout quand il s’agit de travail.

Dans ce cas, trois solutions :

  • Mettre à jour vers CS6 ou CC, mais je n’ai pas envie de mettre 890 euros ou 10 euros par mois pour finalement une update de Camera Raw ;
  • Acheter Photoshop Elements, un sérieux downgrade par rapport à un Photoshop complet et ça me coûte quand même 100 euros ;
  • Convertir automatiquement en DNG à l’import pour rendre le workflow cohérent et uniforme.

La dernière solution allonge légèrement le temps d’import des photos dans le workflow. Une occasion de plus de prendre un café ;).

4. Compression sans perte = gain de place

Un des premiers avantages du DNG dont j’ai entendu parler, c’était la compression sans perte permettant de réduire la taille des fichiers d’entre 20% et 25%. Sur un fichier de 25 Mo, ça paraît négligeable mais reporté sur une bibliothèque de 20k photos ça représente entre 100 et 125 Go de gain de place (et 20k photos, c’est une petite bibliothèque).

À l’air des backups sur le cloud, un gain de taille signifie aussi un gain de temps de transfert et ça aussi, j’aime bien.

5. Leica, Hasselblad, Ricoh, Pentax

Un des points qui m’a décidé à approfondir la question du DNG, c’est de voir quelques grands noms de l’industrie adopter le DNG comme format natif. Je ne suis pas un fan inconditionnel qui suit toutes les décisions des marques que j’apprécie sans poser de question, mais voir que Leica, Hasselblad, et Pentax tombent d’accord, c’est assez engageant.

Ma question face à ça : pourquoi Canon, Nikon, ou Olympus n’ont-ils pas adopté ce format ?

Les zones d’ombres

Je ne parle pas d’inconvénients ici car j’ai eu beau lire ce mot dans la majorité des articles, je n’arrive pas à être convaincu par les arguments des uns et des autres. Par exemple, certains parlent du DNG comme format propriétaire et oublient qu’il a été libéré par Adobe.

Il y a cependant un point qui reste pour moi à éclaircir : les métadonnées. Y a-t-il une perte de données lors de la conversion d’un RAW propriétaire vers DNG ? Si oui, quelles sont les données que l’on perd ? Sont-elles importantes ?

En conclusion

Le DNG a plus d’un avantage à m’offrir et serait une solution pour régler ce problème de compatibilité entre les CR2 du 6D et Photoshop CS5. Il amènerait aussi plus de consistance dans mon workflow entre les différents formats RAW qui composent ma bibliothèque. Le fait qu’Adobe ait libéré le format et publié les spécifications me conforte dans l’idée que le DNG est un candidat sérieux pour garantir la pérennité de mes RAW. Et le fait que des constructeurs comme Leica ou Hasselblad l’aient adopté marque un point supplémentaire.

Il reste donc maintenant à répondre à la question des métadonnées. S’il n’y a pas de perte ou que celle-ci est négligeable, alors je pense prochainement convertir toute ma bibliothèque et intégrer le DNG dans mon workflow.

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà adopté le DNG ? Vous êtes plutôt contre ? Dans tous les cas, pourquoi ?