À un prix plus qu’avantageux sur Ebay, je me suis procuré le Canon EOS M, un compact à objectifs interchangeables décrié par beaucoup et pourtant encensés par d’autres. Après quelques semaines d’utilisation, voici mes premières impressions.

L’exemplaire dont je vous parle est le mien et je l’ai acheté avec mes deniers.

Malgré des chiffres de vente déprimants et des critiques plutôt acerbes, l’EOS M est un appareil qui a du potentiel. En plus du faible encombrement, voici les avantages que je lui trouve « sur le papier » :

  •  18 Megapixel, c’est plus que raisonnable
  • Contrôles manuels
  • Adaptateur pour les objectifs EF/EF-S
  • MagicLantern installable
  • Focus on touch

Avec tout ça, difficile de ne pas être alléché par l’EOS M. J’y vois un appareil pour tous les jours, qui me libèrerait du 6D quand je n’en ai pas vraiment besoin (parce que si je descends en ville chercher du pain, j’ai un appareil photo sur moi…).

Tout ça, c’est évidemment « sur le papier » mais est-ce que je risquais vraiment de me faire avoir ?

Rencontre avec le Canon EOS M

Je me suis procuré l’EOS M, son objectif 22mm f/2 STM et l’adaptateur EF-EF M (le tout m’a coûté aux alentours de 350 euros). Certains magasins vendent toujours cet appareil à son plein prix alors que Canon a fait chuter sa valeur suite à de très mauvaises ventes en Europe et aux USA. D’ailleurs, la v2 de l’EOS M semble être prévue uniquement pour le Japon.

La prise en main

Pour moi qui suis habitué au 6D avec grip, la tenue de l’EOS M a été un peu chaotique au début. Le boitier est petit et j’ai un peu de mal à le tenir en équilibre entre le pouce et le majeur, avec l’index sur le déclencheur. Après une heure, ça allait déjà mieux. Le 22mm est très léger et l’ensemble est relativement bien équilibré. Mais quand on utilise un objectif plus gros avec l’adaptateur EF-EF M, par exemple le 16-35mm f/2.8L, l’appareil est beaucoup plus léger que l’ensemble adaptateur/objectif, et le poids part vers l’avant.

Canon EOS M + 16-35mm f2.8 USM

Imaginez-vous soutenir ça entre deux doigts… Pas pratique. Avec ce genre de configuration, les deux mains sont requises. Ce n’est pas un défaut en soi puisque ce genre d’objectif n’est pas prévu à la base pour cet appareil. Mais vu que l’ensemble fonctionne bien, il faut quand même que je trouve une solution pour améliorer ça.

L’autofocus

J’avais lu pas mal de critiques par rapport à l’autofocus. De toutes les critiques, c’était celle que je redoutais le plus, même si dans la plupart des situations je n’ai pas vraiment besoin d’autofocus. J’ai lu aussi que Canon a amélioré le problème de lenteur de l’autofocus avec une mise à jour du firmware. Mon EOS M est arrivé avec cette mise à jour déjà faite (c’est toujours ça de gagné :)), et en effet, le firmware a nettement amélioré ce point !

Nettement amélioré, mais pas encore assez pour certains types de photo. Oubliez les photos de gens à la sauvette, la plupart des animaux (trop impatients pour rester devant l’objectif plus de 2 secondes), et toute scène requérant une certaine réactivité (je ne compte plus dessus, mais j’essaie quand même dans l’espoir de pouvoir contredire tout le monde :D).

Par contre, les paysages, l’architecture, les détails immobiles/lents… bref, tout ce qui vous laisse un minimum de temps, l’EOS M le gère parfaitement. J’y vois d’ailleurs un réel potentiel pour me décharger un peu lors de sorties en urbex.

Locked

Quelques problèmes rencontrés

Mise au point manuelle avec le 22mm f/2 STM

Wow… je n’ai jamais vu un focus manuel aussi catastrophique :/. Je fais la mise au point sur mon écran de portable, à 20cm. Puis sur la chaise qui est à 1m derrière. Pas moins de 6 mouvements de bague sont nécessaires pour déplacer le focus d’1m ! Canon a probablement pensé que les utilisateurs de cet objectif ne feraient que très rarement la mise au point manuellement. Et même si statistiquement, je suis certain qu’ils ont raison, c’est un énorme défaut pour cet objectif.

Perte de la mise au point à l’infini avec l’adaptateur et certains objectifs

J’utilise le Petzval sur l’EOS M parce que c’est un chouette combo (avec le facteur de multiplication, ça donne un 135mm f/2.2) et que, je dois bien l’admettre, j’ai un peu des goûts de hipster. La mise au point, bien qu’elle n’y paraisse, est assez facile à faire. Par contre, une fois monté sur l’adaptateur EF-EF M, on perd la mise au point à l’infini. À vrai dire, ça va même jusqu’à rendre impossible un sujet net à 10m…

Apparemment je n’ai ce problème ni avec l’Helios 135mm f/2.8, ni le Primagon 35mm f/4.5, ni le Yashica 50mm f/1.9 DSB. Mais je lis sur d’autres sites que certains rencontrent le même problème avec d’autres objectifs que le Petzval. Je vais donc creuser ça.

Pour terminer sur une note positive

Parce que oui, il y a du positif aussi ! J’ai beaucoup parlé des détails négatifs (plus ou moins importants), mais c’est toujours plus facile de se focaliser sur ce qui coince plutôt que sur ce qui fonctionne bien.

Une chose que j’aurais aimé avoir sur le 6D : l’écran tactile ! Non pas pour naviguer dans les menus, mais pour sélectionner un point précis sur lequel on souhaite faire la mise au point. C’est juste super pratique.

Bref, mieux que des mots, voici un aperçu de ces premières semaines avec l’EOS M.

GreenPoignée du SéminaireNouvelle tour des financesDadOrgue Saint BarthélémyCarrelage Rue Sainte MargueriteRue du Stalon

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous testé l’EOS M ? Un avis, des conseils ?